Berlin 1986
20 séquences photographique
tirages barytés 220 X 30 cm
l’ensemble : 910 X 200 cm
Première présentation : galerie Projet - Intégral Ruedi Baur
En 1986, à la suite d’un séjour à Berlin, Blaise Adilon réalisait un ensemble photographique dont la composition finale, fictive dans ses effets, pourrait évoquer l’histoire du Berlin des années 40 à nos jours. À elle seule, la technique employée suggère une vision en collage et une intention délibérée de “reproduire” un univers organisé en couches successives, mêlant dans la plus grande confusion le présent et le passé, l’espace d’aujourd’hui et celui d’hier. En effet, à partir des vues prises au cours de son voyage, Blaise Adilon a entrepris une modification des documents originaux, par juxtapositions, superpositions et apports de peinture.
Le résultat ne déroge pas à la règle de l’assemblage. On perçoit quelques fragments légendaires d’une guerre, de Berlin dévasté, d’une ville traversée par tous les mouvements sociaux, lieu civilisé de la sexualité, de la violence et de la mort.
Rien n’est plus étranger au reportage que cette enquête au bout de la mémoire, débouchant sur l’oubli et l’absence. La ville s’offre d’autant plus irréelle que sa reconstitution photographique coupe court à toute velléité d’interprétation historique. Le réel, hypothétique, tourne à l’irréalité et l’histoire au fantasme. Le récit n’est-il pas d’une certaine façon toujours fiction, vaine prise d’un passé perdu avec lequel le présent ne peut composer sinon sous la forme d’une recomposition et d’une interprétation en “éclats” ?
Guy Argence in Catalogue Domi Nostrae.
Arrivé à Berlin s’impose à moi l’inutilité de l’acte photographique en “reportage”.
Je m’enferme dans ma chambre et dessine le voyage que je ferais plus tard.
La réalité viendra se confondre au désir ; le mensonge photographique pour dire le mensonge des villes.
Mes journées se déroulent là sur un rythme idéal.
J’examine le plan, choisissant une destination. Les traces, couleurs, les signes, symboles... Essayer d’appréhender l’espace, de prévoir la rencontre avec le réel.
Coupés dans la longueur par un hachurage rouge bordé à l’intérieur par une succession de plots rouges, le mur. Il y a aussi 3 interruptions du tracé en B, C, Neider-Neuendfr-See...
C’est la liberté du cartographe que de couper le mur.
Un peu plus bas en D8, le mur semble jouer avec le rivage en une suite d’ondulations. J’imagine la beauté du lieu, mémorise le cheminement de la berge est du fleuve Unijambiste.
Blaise Adilon. Berlin - 1986.