Le Parfum de la Lune
12 tirages numériques par saison soit 48 pièces en 2 exemplaires :
1 ex-format 300 X 50 cm X 48 pièces, préservant l’ensemble.
1 ex-format évolutif réservé aux collections publiques ou privées
''première présentation : CNSMD de Lyon - 2003
Il faut partir de la genèse de ce travail, qui revient à Thierry Ravassard, pianiste. Quelques années en arrière, il a proposé à des compositeurs contemporains, français, puis plus tard japonais, d'écrire des pièces courtes, pour piano, s'inspirant des haïkus de Buson, moine zen du XVIIe siècle, particulièrement tirés de l'ouvrage, le Parfum de la Lune. Il faut noter que dans la tradition du Haïku, doit forcément figurer dans le poème une référence aux saisons. Il m'a un jour contacté, me demandant si je voulais bien faire un film, mettre en image ces musiques, et donc forcément ces poèmes. Ignorant du Japon, je suis parti pour un premier voyage sans caméra, mais avec un appareil photo, prendre des notes préparatoires à un tournage. Cela a donné les premiers montages. Notes pour un film, qui ont rapidement trouvé une autonomie au-delà du projet de tournage. Le format est tout autant la verticalité défilante de la pellicule cinématographique, que celui des dessins ou inscriptions que l'on retrouve dans les temples, ou les demeures, à côté de l'ikebana par exemple. C'est aussi une contrainte forte qui conduit forcément à une reconstruction du réel pour le faire exister dans cette verticalité (ici par l'outil informatique), donc à la création d'une illusion un des concepts importants de la tradition bouddhiste zen. Enfin cet assemblage de divers éléments, en une seule image, lui donne une valeur en forme de koan, sorte d'énigme personnelle posée lors des mondo, séance de questions et de réponses entre un maître et ces disciples. Il était évident pour moi, par ailleurs, que l'inspiration ne pouvait pas être directe quand à ces poèmes, mais plutôt essayer de comprendre l'essence de cette culture extraordinaire, (mission tout à fait impossible), la dimension profonde, et pour moi forcément spirituelle des poèmes de Buson, et à terme faire exister dans le même temps et le même lieu, la poésie, la musique, l'image, le japon, l'occident, hier et aujourd'hui, comme autant d'expérience individuelle se rencontrant.